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Le cancer chez les animaux

Qui aurait pu un jour penser que les animaux aussi pouvaient développer un cancer? Et pourtant, ceci n’est pas nouveau…

La réalité est qu’1 animal sur 3 mourra d’un cancer, ce qui est comparable avec la situation en médecine humaine. Chez certaines races, ce sera même 1 animal sur 2. Le cancer se manifeste sous toutes les formes: vésical, osseux, rénal, lymphome, leucémie, mélanome, … Pour chaque forme de cancer humain, il y a une forme comparable chez les animaux et pour chaque forme animale, il existe une variante en médecine humaine.

Pour le moment, on ne peut que deviner ce qui provoque le cancer. Il n’y a que peu de cancers qui ont 1 cause spécifique, comme l’amiante ou le tabagisme qui sont 2 exemples bien connus en médecine humaine. Nous avons plutôt à faire à des causes multifactorielles, ce qui dit tout et rien en même temps: c’est une combinaison de l’effet de la génétique, de virus, facteurs environnementaux et de tout ce qui touche l’animal et l’homme quotidiennement. Mais pour le reste, nous n’avons pas encore beaucoup d’explication…

Par contre la médecine vétérinaire a quand même bien avancé par rapport au traitement du cancer. Il y a une quinzaine d’année, les traitements anticancéreux pour animaux se limitaient à des opérations pas trop compliquées. “Peut-on retirer la tumeur sans trop de problème?” était la question. On ne se préoccupait même pas du caractère bénin ou malin de la tumeur. La plupart des pièces d’exérèse n’étaient même pas envoyées pour analyses histologiques, mais étaient jetées à la poubelle.

Entre-temps en 10 ans, nous avons avancé à vitesse grand V:

Les exérèses de tumeurs sont réalisées de meilleure façon et avec de bonnes marges. Nous savons souvent à l’avance (grâce à des ponctions et de la cytologie) à quelle sorte de tumeur nous avons à faire. Les études montrent que les vétérinaires s’améliorent dans ce domaine. Des opérations plus compliquées consistant à faire des reconstructions à l’aide de lambeaux cutanés par exemple, ne sont plus des exceptions. La chirurgie reste encore souvent un des traitements le plus efficace!
A côté de cela, des traitements supplémentaires ont trouvé leur place, comme par exemple la chimiothérapie. Il en ressort même que les animaux la supporte bien avec peu d’effets secondaires. Des cancers auparavant intraitables, comme les cancers sanguins, de la moelle osseuse et les lymphomes, peuvent ainsi être contrôlés, pour un temps plus au moins long.

La radiothérapie est connue et efficace en médecine humaine et est de plus en plus utilisée en médecine vétérinaire. Il y a par contre quelques limitations: le coût de l’appareil et donc des traitements, le fait que les animaux doivent être anesthésié brièvement pour chaque traitement (ce qui n’est pas du tout le plus gros problème). La radiothérapie n’est pas encore disponible en Belgique. Les centres les plus proches sont Gouda (orthovoltage) et Utrecht (méga voltage) aux Pays-Bas, Frankfurt (méga voltage) en Allemagne et Villeneuve d’Ascq (orthovoltage) en France.

Récemment un 4ième choix de traitement s’est présenté à nous: maintenant nous, vétérinaires, avons un nouveau type de médicament à notre disposition, appelé les Inhibiteurs de la Protéine Tyrosine Kinase (IPTKs). Ils sont disponibles en comprimés (Palladia®, Masivet®) ce qui nous permet de traiter certains types de cancer (en particulier les mastocytomes, mais aussi d’autres). Certains animaux qui seraient décédés très rapidement avec les thérapies standards ont ainsi pu être traités plus efficacement.

Toutes les thérapies évoquées ci-dessus ne sont pas des traitements qui s’utilisent seul. En médecine on parle ainsi d’un traitement multimodal, ce qui consiste en une combinaison de chirurgie, chimiothérapie et/ou radiothérapie. Cette multimodalité est de plus en plus appliquée en pratiques. Une tumeur est d’abord retirée par chirurgie et ensuite une chimiothérapie est initiée. Ce qui est important de comprendre c’est que ces thérapies ne sont pas essayées mais on les utilise quand il a été prouvé qu’elles sont bénéfiques. Des études cliniques sont ainsi élaborées un peu partout dans le monde pour approfondir nos connaissances. Mais il en faudrait plus encore pour avancer plus rapidement.

Les médecines humaine et vétérinaire connaissent beaucoup de similitudes. Et donc aussi les cancers que l’on rencontre. Certains cancers sont quasiment identiques et d’autres complètement différents. Les différences raciales que l’on retrouve en particulier chez les chiens nous apportent un trésor d’information génétique. ‘Pourquoi voit-on des tumeurs vésicales un peu plus souvent chez certains Terriers?’ ‘Pourquoi plus de tumeurs digitales chez les races aux poils noirs?’ La réponse se cache certainement dans la jungle de l’ADN, reste à nous de trouver l’explication.

Les connaissances ressorties de la recherche en cancérologie humaine sont suivies de près et reprises en médecine vétérinaire. Mais le contraire est aussi vrai: la recherche en cancérologie chez les animaux aide à mieux comprendre certains cancers humains. Un exemple est la technique des mini-transplantations de moelle osseuse qui maintenant utilisée en médecine humaine a d’abord été développée sur des chiens. Et elle est maintenant de nouveau utilisée chez les chiens aux Etats-Unis pour les traiter cette fois-ci.

Et pourtant… il nous reste un très long chemin. Chaque réponse fait place à d’autres questions. Et ces questions ne peuvent être élucidées que grâce à la recherche: des recherches purement scientifiques et des études cliniques… Tout ça avance par petit pas et donc lentement mais ces pas sont nécessaires.

La recherche et les études nécessitent de l’argent, beaucoup d’argent même. La Fondation Belge contre le Cancer chez les Animaux veut créer des opportunités pour récolter des fonds.

Les objectifs de la FBCA sont:
Être un sponsor pour la recherche en cancérologie vétérinaire, afin d’améliorer la santé de l’animal et de l’homme (plus d’information ultérieurement)
Financer l’enseignement sur les connaissances oncologiques des vétérinaires et assistants de vétérinaires en Belgique (plus d’information ultérieurement)
Proposer un forum pour aider les propriétaires dans leur deuil de leurs animaux en fase terminale et après leur décès (plus d’informations ultérieurement)

Pour ces raisons nous vous demandons une contribution afin d’atteindre nos objectifs, même si ce n’est qu’1 euro pour commencer.